Information générale, pas un conseil juridique. Les règles évoluent et dépendent de votre commune et de votre situation. On vérifie votre cas au 1er appel (pas un conseil juridique).
- Depuis les revenus 2025, le micro-BIC d’un meublé de tourisme non classé applique un abattement de 30 %, jusqu’à 15 000 € de recettes par an.
- Un meublé de tourisme classé garde un abattement de 50 %, jusqu’à 77 700 € de recettes pour les revenus 2025, puis 83 600 € pour les revenus 2026.
- Les recettes se déclarent sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, dans des cases différentes selon que le meublé est classé ou non.
- Au-delà de 23 000 € de recettes annuelles, des cotisations sociales sont dues. En dessous, ce sont des prélèvements sociaux.
- La taxe de séjour est en général collectée par la plateforme. Le bon régime fiscal dépend de vos chiffres : faites-le valider par un expert-comptable.
Ce que la loi Le Meur a changé
La loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme, dite « loi Le Meur », ne parle pas seulement d’enregistrement et de nombre de nuits. Elle a aussi resserré le régime fiscal simplifié des meublés de tourisme, à compter du 1er janvier 2025.
Concrètement, les revenus que vous avez perçus en 2025 sont les premiers imposés selon les nouvelles règles, dans la déclaration remplie au printemps 2026. Pour les règles de fond (enregistrement, résidence principale, copropriété), notre guide de la réglementation de la courte durée reste la référence, et l’actualité 2026 suit les échéances date par date.
Le micro-BIC : les seuils et les abattements
Le micro-BIC est le régime « par défaut » des loueurs en meublé dont les recettes restent sous un plafond. Vous déclarez vos recettes brutes, et l’administration applique un abattement forfaitaire censé couvrir vos charges. Vous êtes imposé sur le reste.
Pour les revenus 2025, déclarés en 2026
- Meublé de tourisme non classé : abattement de 30 %, recettes annuelles jusqu’à 15 000 €.
- Meublé de tourisme classé (et chambres d’hôtes) : abattement de 50 %, recettes annuelles jusqu’à 77 700 €.
- Location meublée classique (hors tourisme) : abattement de 50 %, jusqu’à 77 700 €.
Impots.gouv.fr précise que l’abattement ne peut pas être inférieur à 305 €.
Pour les revenus 2026, déclarés en 2027
Selon service-public.fr, le plafond du meublé classé passe à 83 600 €. Celui du meublé non classé reste à 15 000 €, avec le même abattement de 30 %.
Un exemple pour fixer les idées
Exemple, chiffres fictifs : votre appartement rapporte 12 000 € de recettes sur l’année.
- Non classé : 30 % d’abattement, soit 3 600 €. Vous êtes imposé sur 8 400 €.
- Classé : 50 % d’abattement, soit 6 000 €. Vous êtes imposé sur 6 000 €.
L’écart n’est pas négligeable. C’est pourquoi le classement (de 1 à 5 étoiles, après la visite d’un organisme accrédité) redevient une question à étudier. Il a un coût et des exigences d’équipement : faites le calcul avant de vous lancer.
Plusieurs logements ? Les recettes s’additionnent pour apprécier les plafonds. Au-delà, c’est le régime réel qui s’applique.
Le régime réel : quand il devient intéressant
Au régime réel, vous ne bénéficiez plus d’un abattement forfaitaire : vous déduisez vos charges réelles. Service-public.fr cite notamment l’amortissement du prix d’achat du logement et des meubles. Le résultat se calcule sur le formulaire 2031-SD, puis se reporte sur la 2042-C-PRO.
Avec un abattement ramené à 30 % pour un meublé non classé, le réel peut devenir plus avantageux si vos charges (intérêts d’emprunt, frais de gestion, ménage, linge, assurance, taxe foncière, amortissements) dépassent ce forfait. En contrepartie, il demande une vraie comptabilité, et souvent l’aide d’un professionnel.
Deux points de vigilance :
- L’option se prend à l’avance, dans des délais précis. Vérifiez-les avec votre expert-comptable avant la fin de l’année.
- À la revente, pour les loueurs en meublé non professionnels au réel, les amortissements déduits sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value, pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025 (loi de finances pour 2025, selon impots.gouv.fr).
Pour une première comparaison des scénarios, notre comparateur location nue, meublée ou Airbnb donne un ordre de grandeur. Il ne remplace pas un calcul fait sur vos propres comptes.
LMNP ou LMP : les grandes lignes
La plupart des propriétaires qui louent sur Airbnb ou Booking sont loueurs en meublé non professionnels (LMNP). Selon service-public.fr, vous restez LMNP si au moins une de ces deux conditions est remplie :
- vos recettes annuelles de location meublée ne dépassent pas 23 000 € ;
- ou elles sont inférieures aux autres revenus d’activité de votre foyer.
Si les deux seuils sont dépassés, vous devenez loueur en meublé professionnel (LMP). Le régime change alors sensiblement : imputation des déficits sur le revenu global, plus-values professionnelles, protection sociale. C’est typiquement le moment de vous faire accompagner.
Comment déclarer en pratique
Vos recettes ne vont pas dans les cases « salaires » ou « revenus fonciers ». Elles se déclarent sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, dans la rubrique des locations meublées non professionnelles, accessible depuis la déclaration en ligne.
Au micro-BIC, impots.gouv.fr indique les cases suivantes :
- Meublé de tourisme classé (et chambres d’hôtes) : 5NG, 5OG ou 5PG, selon le membre du foyer ;
- Meublé de tourisme non classé : 5NH, 5OH ou 5PH ;
- Autres locations meublées : 5NI, 5OI ou 5PI.
Vous indiquez le montant brut de vos recettes : l’abattement est calculé automatiquement. Service-public.fr rappelle aussi qu’il faut un numéro SIRET pour cette activité.
Côté relevés, une gestion claire aide beaucoup. Chez My Home IT, les loyers sont versés directement sur votre compte, et notre commission (20 % TTC en gestion complète, 10 % TTC en co-hôte) est facturée chaque mois avec un relevé. Vous avez ainsi sous la main ce dont vous ou votre comptable aurez besoin. Nous ne faisons pas votre déclaration, et nous ne sommes pas experts-comptables. Le détail de nos formules : nos tarifs.
Cotisations sociales et prélèvements sociaux
Deux cas, selon service-public.fr :
- Recettes jusqu’à 23 000 € par an : pas de cotisations sociales. Vos revenus subissent les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.
- Au-delà de 23 000 € : l’activité devient professionnelle sur le plan social. Vous devez l’enregistrer et payer des cotisations sociales, avec un choix de statut selon votre niveau de recettes (régime général, micro-entrepreneur ou travailleur indépendant).
Attention au taux des prélèvements sociaux : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 l’a relevé pour la location meublée non professionnelle. Impots.gouv.fr indique 18,6 % pour les meublés non professionnels, contre 17,2 % pour la location nue. L’année de revenus à partir de laquelle ce taux s’applique est à vérifier sur la fiche service-public.fr consacrée aux prélèvements sociaux ↗.
Votre résidence principale louée de temps en temps
C’est le cas le plus fréquent autour de Paris : vous louez votre appartement pendant vos vacances, dans la limite de 120 nuits par an (moins si votre commune a abaissé le plafond). Notre compteur de nuits vous aide à suivre le total.
Côté impôts, il n’existe pas d’exonération pour la location de votre résidence principale entière : les recettes se déclarent comme celles d’un meublé de tourisme, classé ou non. Sauf classement, c’est donc le micro-BIC à 30 % qui s’applique.
L’exonération dont on entend parler concerne autre chose : la location de pièces de votre habitation principale (une chambre, par exemple). Selon service-public.fr, elle est possible sous conditions, notamment des revenus ne dépassant pas 760 € TTC par an pour la location occasionnelle, et ce dispositif est ouvert jusqu’au 31 décembre 2026. Sans prolongation par la loi de finances pour 2027, il s’arrêtera.
La taxe de séjour : qui s’en occupe ?
La taxe de séjour n’est pas un impôt sur vos revenus : elle est payée par le voyageur et reversée à la commune. Depuis le 1er janvier 2019, les plateformes qui encaissent le paiement pour le compte de loueurs non professionnels doivent la collecter et la reverser elles-mêmes (impots.gouv.fr).
Si vous louez en direct, ou via une plateforme qui n’encaisse pas le paiement, la collecte vous revient. Pour connaître le montant applicable : notre calculateur de taxe de séjour.
Quand consulter un expert-comptable ?
Un rendez-vous avec un expert-comptable est rentable dans plusieurs situations :
- Vos recettes approchent 15 000 € pour un meublé non classé : vous risquez de basculer au réel.
- Vous hésitez entre classement et régime réel, et voulez comparer avec vos vrais chiffres.
- Vos recettes dépassent 23 000 € : statut LMNP ou LMP, cotisations sociales, statut social.
- Vous avez un crédit en cours, des travaux importants ou un projet de revente.
- Vous louez plusieurs logements, ou à la fois en courte et en longue durée.
Un expert-comptable voit l’ensemble de votre situation. Un article de blog, ou une conciergerie, ne le peut pas.
Sources officielles
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur (Légifrance) ↗
- Service-public.fr, « Mettre son logement en location : les règles évoluent en 2026 » (actualité A18880, 27/07/2026) ↗
- Service-public.fr, impôt sur le revenu, revenus d’une location meublée (F32744, mise à jour le 15/04/2026) ↗
- Impots.gouv.fr, location meublée : seuils, abattements et cases de la 2042-C-PRO (mise à jour le 23/04/2026) ↗
- Service-public.fr, cotisations sociales et location meublée (F34102) ↗
- Impots.gouv.fr, prélèvements sociaux sur les revenus de location (mise à jour le 17/07/2026) ↗
- Service-public.fr, prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (F2329) ↗
- Impots.gouv.fr, plus-value d’un bien loué en meublé (mise à jour le 10/07/2026) ↗
- Service-public.fr, mettre en location sa résidence principale (F33175) ↗
- Impots.gouv.fr, taxe de séjour : collecte par les plateformes ↗